Accord RDC -Rwanda : L’honorable Obedi Nyamangyoku(Fizi) défie le scepticisme et exige « la vérité,la justice et des réparations«



Ce lundi 13 avril 2026 à Kinshasa, la Chambre basse du Parlement a franchi une étape décisive en déclarant recevables deux projets de loi de ratification cruciaux.
Si le partenariat stratégique avec les États-Unis suscite l’enthousiasme, l’accord de paix avec le Rwanda, bien qu’approuvé, ravive les doutes sur la sincérité de Kigali.
Sous la direction de l’Honorable Aimé Boji Sangara, Président de l’Assemblée nationale, les députés ont examiné deux dossiers présentés par la Ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner.
Le premier texte scelle un partenariat de haut niveau entre la RDC et les États-Unis. Ce cadre de coopération cible des secteurs vitaux :
Minéraux critiques (transition énergétique) ; Infrastructures et Énergie ; Sécurité et souveraineté nationale.
Ce texte a été accueilli comme une opportunité historique de stabiliser l’économie et de renforcer la position géopolitique de la RDC.
Accord avec le Rwanda : Le cri de vigilance de l’élu de Fizi Le second texte, portant sur l’accord de paix signé le 27 juin 2025, a cristallisé les débats.
Si la majorité a voté en faveur (346 voix pour sur 355), les inquiétudes restent vives.
L’Honorable Abedi, élu de la circonscription de Fizi, s’est particulièrement illustré par une analyse froide et rigoureuse. Tout en saluant les efforts diplomatiques du Chef de l’État et du Gouvernement, il a exprimé un scepticisme fondé sur l’histoire sanglante de la région.
« On doit nous rassurer sur le respect de cet accord. Sinon, il n’aboutira pas car notre ennemi, le régime de Paul Kagame, ne semble entendre que le langage des armes et renforce ses positions défensives sur le terrain », a-t-il martelé
Le « Trépied » de la Paix : Vérité, Justice, Réconciliation
L’élu de Fizi a rappelé l’échec cuisant des 16 accords précédents (Lusaka 1999, Sun City 2002, Pretoria, Doha 2025, Washington). Selon lui, la cause de ces échecs est constante : l’absence de préalables moraux et juridiques.
Pour l’Honorable Abedi, aucun résultat escompté ne sera atteint sans : La Vérité : Nommer les agresseurs et reconnaître les faits.
La Justice : Poursuivre les auteurs des crimes.
La Réparation : Restaurer les victimes dans leurs droits.
« Tant que la vérité ne sera pas dite, que la justice ne sera pas rendue et que les réparations pour les crimes commis ne seront pas effectives, nous risquons de répéter les erreurs du passé », a conclu le député de Fizi, appelant à une vigilance parlementaire extrême durant la mise en œuvre de cet accord.
Malgré ces mises en garde, l’Assemblée a choisi la voie du dialogue institutionnel. Les deux projets de loi ont été adoptés à une écrasante majorité, marquant ainsi une volonté politique de tester, une fois de plus, la voie diplomatique pour le retour de la paix à l’Est du pays.
Pelo kevani