

En marge de la commémoration du décès du Docteur Etienne Tshisekedi wa Mulumba, plusieurs acteurs sociaux-politiques se souviennent jusqu’à ce jour de l’œuvre, de la lutte et du parcours de ce grand et digne fils du pays qui a quitté le monde des humains un certain 1er février 2017. À partir de cette date, chaque anniversaire de sa disparition appellent à des réflexions ainsi des témoignages sur ce qu’était le Synphx de Limeté, cet homme qui, de son vivant , a pu entretenir les valeurs démocratiques qui constituent un pilier important pour l’épanouissement de notre pays.
Témoin de ce parcours, Matadi Wamba ne pouvait que relater à la jeunesse congolaise actuelle ce qu’il connaît et ce qu’il a vécu aux côtés de ce monument historique.
C’était à l’occasion de la descente de notre équipe des reporters effectuée le jour de la commémoration du 9 ème anniversaire de sa mort dans son Cabinet de travail basé dans Commune de la Gombe sur le boulevard du 30 juin. Sans plus tarder, voici ,comme telle, l’intégralité cette entretien avec Tharcisse Matadi Wamba, Bâtonnier National , également Député National Honoraire.
« Q1: l’Honorable Matadi Wamba, aujourd’hui la RDC dans son ensemble, commémore le neuvième anniversaire d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba Dans quelle circonstance, l’aviez- vous connu?
R: Je l’ai connu de près au Parlement qu’on appelait » Conseil Législatif ». C’est après l’élection de 1977 où pour moi ce fut le premier mandat dans ma circonscription électorale du Kwango. Parce que le district était là circonscription électorale. Alors, quand nous arrivons au Conseil Législatif au Parlement, il fallait tout naturellement former le bureau de l’Assemblée Nationale. Et il y avait, en vertu de la constitution, pas d’élection pour le Président de l’Assemblée Nationale, parce que celui-ci était proposé par le Président Fondateur, Mobutu Seseseko. Les autres postes, le 1er Vice-Président, le 2eme Vice-Président , le Secrétaire, Trésorier , les autres postes étaient laissés à l’élection libre des membres de l’Assemblée Nationale.
C’est donc à cette occasion là que j’ai eu à découvrir Monsieur Étienne Tshisekedi qui était Candidat au poste de 1er Vice-Président, le poste de Président ayant pour candidat unique Boboliko Lokonga, présenté par le Chef de l’État, Chef du Parti Unique. Alors , il fallait départager les deux candidats, Etienne Tshisekedi et Nzondomio. L’un de l’équateur et l’autre du Kasaï. Mais, l’élection était libre et la propagande de 2 candidats en faisait foi. Il nous fallait donc choisir le 1er Vice-Président de l’Assemblée Nationale. On a été pris en charge, en quelque sorte, pour pouvoir départager les 2 candidats. Je dois vous avouer que l’on ne connaissait pas, pour ma part, nous qui venions d’arriver , les 2: candidats en lice, toujours est-il que ce qui m’a frappé c’est la campagne libre et surtout le résultat. Le candidat Tshisekedi a été battu à une majorité de 20 voix . 240 et celui en perte de morceaux bat l’autre de vingt voix seulement que donc Monsieur Tshisekedi, moi, je le découvre à ce moment-là. Comment vas-t-il se comporter tout au long de la législature qui a commencé en 19 77, à la suite d’une élection libre, certainement à 80% parce que le Président Américain Jimmy Carter avait exigé au Zaïre d’organiser une élection libre. Plus question de nommer les Députés. Il faut cette fois-ci designer les élus par un vote libre et de ce vote libre sont issus les Députés , membres du Conseil Législatif de l’époque. Et dans la suite, comme je vous disais lorsque le candidat Tshisekedi comprend que c’était à cause du Président Mobutu qui avait pesé contre lui en faveur du candidat de sa Province, il s’est en quelque sorte durci sa position d’opposant au sein du même parti politique. Il s’est fait donc entouré à ces côtés des parlementaires avec lesquels il a évolué et je me rappelle, nous les jeunes. Je peux pas citer tous : le Beltchika , le Mananga, moi-même, le Betina et autres, tous jeunes que nous étions tous naturellement placé s placés à gauche par rapport à ceux de nos aînés qui eux luttaient pour le maintien du régime. Voilà, c’est à ce moment-là que je découvre Monsieur Tshisekedi. On a évalué à partir de 77, 78,79 et 80 lorsque il va avec les d’autres parlementaires rédiger une lettre à laquelle on demande au Chef de l’État d’accomplir certains actes pour que le pays marche bien. Malheureusement, cette lettre n’aura recueilli que 13 signatures. Et hop! Les services de sécurité ont mis la main sur les signateurs de la lettre qu’on appellera dans l’histoire » les treize parlementaires ». Je ne faisais pas partie parce que je venais de passer au gouvernement avec 4 autres collègues parlementaires qui étaient les têtes d’affiche de ce Parlement voulu par le Président Jimmy Carter des USA. Le Président Mobutu a pu manœuvrer à sa manière pour couper l’Assemblée Nationale de sa tête, de sa crème qu’il a envoyée au gouvernement. C’est mon cas, dans les entreprises, dans les ambassades pour qu’il puisse évoluer sans Turbulences . Voilà donc le contexte dans lequel j’ai découvert mon frère Etienne Tshisekedi , au sein de l’Assemblée Nationale, des réunions, des réceptions foraines que l’Ambassade des USA et autres organisaient au cours desquelles réunions on recevait, si voulez, l’élite du pays.
Q2: Avez-vous entretenu une relation directe avec Monsieur Étienne Tshisekedi ?
R/ Ecoutez,
C’est un aîné. Lui , il est à la base de la création du MPR, parti État, n’est-ce pas que beaucoup de jeunes l’approchaient. Pour nous qui l’approchions, nous étions encadrés par lui. Mais, dire qu’il y avait une relation directe pour traiter tel ou tel autre problème, je ne me souviens pas. Mais, nous avons réalisé deux choses sous son inspiration et je vous le dis, lorsque le Président de la République a compris que le pouvoir passait désormais du bureau qu’il dirigeait au Parlement où il y avait des contestateurs et ce qu’il a fait c’est de diminuer l’influence de ce Parlement, en retirant, n’est-ce pas, ceux qui en étaient les têtes d’affiche en commençant évidemment par le Président du Conseil Législatif, Boboliko lui-même en le nommant Premier Ministre. Parce que ce dernier était vu comme le chef d’une fronde qui pouvait mettre à mal le pouvoir du Maréchal et va le remplacer par quelqu’un qui n’était même pas élu. Voilà le tableau de l’époque.
Q3/ Selon vous , quelle est la place que l’on peut réserver aujourd’hui à Monsieur Étienne Tshisekedi pour sa lutte pour la démocratie ?

R3/ Je le disais, c’est une tête d’affiche. Il connaissait bien le Maréchal Mobutu. N’est-ce pas depuis 1960, ils se connaissaient et ils ont créé le parti État ensemble. Le juriste, c’était lui. Et à un, moment donné, lui s’est rendu compte que la direction imprimée par le chef du parti aux affaires publiques, ce n’était pas la bonne. Et à sa manière, il a pris ses distances au sein de l’Assemblée Nationale. Il n’a pas fait une rébellion. Il a fait une rébellion constitutionnelle au sein de l’Assemblée Nationale. Ce que d’ailleurs, un moment donné, va pousser le Président Mobutu à lui proposer de rester ensemble dans le même parti et de faire ce que le Français Mitterand a fait en ayant chacun son courant. Tshisekedi n’a pas voulu du courant. Il a voulu d’un parti politique et l’a affirmé. Mais, pour avoir ce Parti officiellement, il a dû attendre des années, jusqu’à ce que le Maréchal supprime le parti unique et son parti à lui est devenu un parti légal. C’est donc quelque’un qui a su tenir tête au Maréchal Mobutu sans prendre les armes, mais uniquement par la voie pacifique et constitutionnelle. Ça lui a coûté ce que ça lui a coûté ( la condamnation, l’éloignement de la capitale…). Il a su tenir tête et la suite, on la connait. Donc, c’est quelqu’un qui a mené l’opposition d’une manière franche, correcte et a bien joué le rôle de l’opposition sans recourir aux armes.
Q4/ Qu’est-ce la Nation Congolaise toute entière peut-elle retenir de ce grand homme pendant que l’on commémore le neuvième anniversaire de son décès ?
R4/ Si vous voulez une petite lesson . Chez moi, la sagesse dit que » le pouvoir, c’est la peau d’une petite gazelle où deux personnes ne peuvent pas s’asseoir à la fois ». Pour dire qu’il faut savoir attendre son tour. Mais,pas de manière passive. Il faut un encadrement et c’est ce que le regretté Étienne Tshisekedi a su faire tout au long de 30 ans ou plus du pouvoir du Maréchal Mobutu . Il a attendu et les évènements, on les connait, n’est-ce pas, il faut savoir patienter. Il faut savoir ne pas se faire acheter. C’est pour cela que les constitutions existent, les règles du pouvoir aussi.

Q5/ Quel est votre mot de fin pour boucler la boucle ?
R5/ On attend pas passivement. On attend en travaillant. Moi-même, je suis un exemple éloquent. Vous me trouvez ici dans mon bureau, je travaille à plus de 80 ans toujours en train de travailler.
Rédaction